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Evaluer positivement

Depuis mes débuts dans l’enseignement, je me suis toujours demandée pourquoi je donnais des évaluations de fin de parcours à mes élèves. Je le vivais toujours comme une sorte de sanction (et pour moi et pour eux…). En plus, surprise ! je connaissais déjà les résultats avant même de les corriger. Je n’apprenais rien de plus que ce que je ne savais déjà. Maintenant que mon système d’ateliers, de plans de travail commence à se roder (oui, maintenant on est sur une démarche qualité avec amélioration donc ça prend beaucoup moins de temps !), je me suis lancée dans la création d’un outil pour arrêter les évaluations « standards ». Cet outil me correspond dans la réalisation, maintenant il va falloir le faire vivre pour le faire évoluer ! En réalité, je me sers de deux outils : des tableaux de suivi que j’ai toujours sous la main pour noter les réussites de mes élèves et le cahier de progrès de chaque élève qui permet pour l’enfant et pour sa famille de savoir où ils en sont dans leur parcours d’apprenant. J’évalue en notant les réussites sur les ateliers de manipulation, les exercices d’entrainement, la dictée bilan de la semaine. C’est un bilan en continu au final que l’on fait tous au quotidien mais maintenant il a l’avantage d’être cadré par des documents « officiels » et qui m’allègent la charge mentale et les post it dans tous les sens ;). Et maintenant, les documents !

Voici un aperçu d’une page du cahier de progrès et de mon tableau de suivi. J’ai voulu une progression en escalier pour montrer les étapes et le chemin à parcourir. J’utilisais déjà l’échelle des réussites de Lutin bazar, d’où cette présentation. Vous trouverez l’échelle par ici : http://lutinbazar.fr/systeme-de-notation/

Etant en REP, nous bénéficions des classes de CP et de CE1 dédoublées et ayant un double niveau CP/CE1, ce cahier reprend l’ensemble des éléments pour ces deux niveaux. Dans mon idéal, ce serait bien de l’étendre à l’ensemble du cycle mais cela constitue un projet d’école à construire avec le reste de l’équipe. Donc chantier et argumentation en cours 😉

Et voilà, on s’approche des documents à télécharger 🙂 Pour les tableaux de suivi, si vous avez un effectif normal, il vous faudra imprimer les pages en 2 exemplaires ! Et oui, j’ai le luxe de n’avoir que onze élèves.

Pour le cahier de progrès, en page 2, j’ai inséré le texte de Marina du très célèbre blog mais que fait la maitresse. Il était bien écrit et clair donc je vous laisse le soin d’aller jeter un œil par là : http://maisquefaitlamaitresse.com/cahier-de-progres/ D’ailleurs, son article m’a bien aidé pour éclaircir mes idées !

Les images de mes documents proviennent de la talentueuse Mysticlolly ! Et ça se trouve par ici : https://www.mysticlolly.fr/category/mes-dessins/

Et pour finir, j’ai fait l’acquisition du livre de Retz « Enseigner avec l’évaluation positive ». Il a l’avantage d’être clair, illustré et de proposer des exemples concrets. C’est une bonne base de réflexion lorsque l’on tâtonne !

Je vous souhaite de beaux moments de réflexion et au plaisir d’échanger avec vous !

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La roue des responsabilités

Ici, vous trouverez la roue des responsabilités qui accompagnera notre année… à 10. Je serai en classe avec des CP/CE1 mais en mode dédoublé. La première page s’imprime en A4 et la deuxième en A3. Pour l’impression, je vous conseille de toujours cocher la case réduire les pages hors format, ça évite les mauvaises surprises 😉 Enfin, j’imprime et je plastifie sans les prénoms que j’écris à la main, cela permet de se resservir des supports pendant quelques années et de penser à notre planète 😉 La version modifiable est sous publisher que je ne peux mettre en ligne.

Les illustrations proviennent de l’excellent travail de Mysticlolly. https://www.mysticlolly.fr/category/mes-dessins/

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Une histoire de lettres

Je mets peu de choses de mes ateliers car il y a tellement de choses bien pensées et bien faites sur les nombreux blogs que j’affectionne que je pars souvent de l’existant. J’adapte seulement. Suite à une photo postée sur instagram vous trouverez ici des documents sur la reconnaissance des lettres pour les petits CP et des documents pour apprendre le geste d’écriture des lettres en cursives. J’ai réalisé ces documents car je suis la méthode Dumont et j’utilise la police qui va avec.

Bon téléchargement ! N’hésitez pas à laisser un petit commentaire si vous avez des remarques (ou pas 😉

Belle journée à vous !

Au recto la lettre en cursive et au verso la lettre en cursive, scripte, capitale pour vérification !
A utiliser en memory ou alors avec des petits bouchons de bouteille d’eau pour associer les différentes écritures des lettres !
Pour repasser au feutre à ardoise, avec de la laine, avec le doigt, avec de la pâte à modeler. A utiliser comme support pour tracer les lettres dans un bac à semoule ou à sable…
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Les étiquettes en mode écol’sphère

Voici les étiquettes prénoms en couleurs ou noir et blanc !

Et ça se télécharge par ici ! La police utilisée est Cursive standard mais vous pouvez adapter à votre goût.

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Un peu de déco : les affiches !

Voici deux affiches pour le coin bibliothèque !

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Un peu de déco : les images à insérer dans ses documents !

Comme c’est la saison des préparations en tout genre et voyant passer de belles choses, ça m’a donné envie de m’amuser de nouveau avec un de mes logiciels favoris que j’utilisais dans ma vie d’avant. Si ça vous intéresse, voici quelques petites images à télécharger !

Lecture

Les quatre accords Toltèques, Don Miguel Ruiz

Je ne sais pas si vous êtes comme moi mais mes lectures ne s’arrêtent jamais et toutes font références à d’autres ouvrages ou entraînent d’autres questionnements qui m’emmènent à découvrir d’autres ouvrages. Bref, lorsque j’ai parcouru le livre de Retz, dépasser les difficultés d’apprentissage, pour tenter de mieux comprendre un de mes élèves, une des fiches d’analyse m’a amené à acheter les quatre accords toltèques.

Avant de se lancer dans la présentation des grands accords, le livre commence par un chapitre qui s’intitule « Le processus de domestication et le rêve de la planète » dont voici un extrait pour bien comprendre les accords qui suivront.

Le rêve de la planète comprend toutes les règles de la société, ses croyances, ses lois, ses religions, ses différentes cultures et modes de vie, ses gouvernements, ses écoles, ses événements sociaux, et ses jours fériés.

Nous naissons avec la capacité d’apprendre comment rêver, et les humains qui nous précèdent nous apprennent à le faire de la façon dont rêve la société.

Quand j’étais petite (et même encore, je crois que je suis encore petite vu le nombre de questions qui tournent dans ma tête et ma folie passagère parfois ^^), je me demandais pourquoi un crayon s’appelait un crayon, pourquoi les mots avaient été choisis. Je me disais que peut-être qu’en fait, par moment, on nous disait que tel objet s’appelait comme cela et qu’au final ce n’était pas ça. Depuis tout petit, on nous enseigne des choses, ce qu’il faut faire, ne pas faire, ce qui est poli ou non. Mais avec le recul d’adulte, je me dis mais pourquoi tant de contraintes ? On s’érige et on nous érige (nos parents, les institutions, la société,…) et on n’érige à nos enfants des barrières, on se prive de notre liberté et on se fond dans ce moule, car nous avons tendance à le répliquer sur nos enfants, sur les enfants en général. Parfois, en classe, je demande des choses à mes élèves et au fond de moi même, je me demande pourquoi ? quel intérêt pour eux ? pour moi ? Pour le coup, j’essaie de faire au mieux, que ça retrouve du sens (oui, oui, par exemple, mon rang n’est pas parfait, les enfants parlent, la seule chose que je leur demande c’est de ne pas se mettre en danger, de ne pas déranger les autres donc on apprend à chuchoter mais la pression sociale fait que des fois, oui, je deviens chiante sur la ligne parfaite, le rang parfait, bref pas simple ma vie ;)).

Quand je parlais de connexion entre livres, je suis en cours de lecture du livre de Catherine Gueguen, « Pour une enfance et heureuse » et là encore, je retrouve du lien. « Mange », « Mais si tu aimes ça », « Ce n’est pas assez coloré », toutes ces paroles que l’on distribue, qui orientent et qui font perdre petit à petit à l’enfant son pouvoir de décision. Si je n’ai pas faim, pourquoi je mangerai ? J’aime mais là, je n’en ai tout simplement pas envie. En classe, c’est pareil, pourquoi tout imposer ? J’ai une devise maintenant : construisons ensemble, choisir et avoir envie de faire, plutôt que subir. J’ai tendance à partir dans tous les sens, j’espère que tu n’es pas perdu lecteur, je vais me recentrer pour revenir sur les quatre accords et surtout pour conclure cette introduction un peu longue : avoir le pouvoir d’être libre, d’être soi-même et surtout le pouvoir de dire oui et non lorsque l’on en a envie.

Premier accord : Que votre parole soit impeccable

Du côté de l’adulte : Quelque soit les circonstances, que l’on soit dans l’écol’sphère, à la maison, dans la rue ou à son travail, il me semble qu’il est primordial de faire attention à ses mots, à ses paroles afin de ne pas créer de fausses croyances chez une personne (adulte ou enfant). Car oui, nous avons toutes et tous nos failles, nos blessures cachées et certaines paroles laissent des traces, même 20 ans plus tard… Il est vrai que ce n’est pas toujours facile de s’y tenir, nos propres failles, la fatigue prenant parfois le dessus mais essayons quand même, pour ne pas faire mal aux autres mais également pour se faire du bien 😉 Et du côté de l’enfant : Je vous invite à découvrir les messages clairs de la pédagogie Freinet quand justement la parole n’est pas impeccable ;), ça aide vraiment à tendre vers ce premier accord. Par ailleurs, dans ma classe, j’invite les élèves à dire une parole gentille pour toute parole désagréable dite !

La parole n’est pas seulement un son ou un symbole écrit. C’est une force ; elle représente votre capacité à vous exprimer et à communiquer, à penser et donc à créer les événements de votre vie.

La parole est si puissante qu’un seul mot peut changer une vie ou détruire l’existence de millions de personnes.

Deuxième accord : Quoi qu’il arrive n’en faites pas une affaire personnelle

Du côté de l’adulte : Dans la vie de tous les jours, comme dans la vie de famille ou dans la vie à l’école, on peut vite se sentir impacté par des remarques, des échecs de certains élèves pour qui nous n’avons pas trouvé de solutions après avoir tout essayé. Cet accord est pour moi, très important. De nature à toujours me remettre en question, j’ai tendance à prendre le poids des remarques et des échecs, en pleine face. Tout ne tourne pas autour de nous au final 🙂 ! Et du côté de l’enfant : Apprendre aux enfants, que tout ne dépend pas de nous et que parfois, les situations qui arrivent ou les relations aux autres compliqués ne dépendent pas que de nous mais aussi du vécu des autres. Que la seule chose sur laquelle parfois nous avons la main, c’est aider l’autre…

Vous faites une affaire personnelle de ce qui vous est dit parce que vous y donnez votre accord.

Troisième accord : Ne faites pas de suppositions

Du côté de l’adulte : Dans l’écol’sphère ou dans la vie, on arrive de manière naturelle à faire des suppositions sur tout ce que l’on voit, sur ce que l’on pense que les autres pensent. Bref, le troisième accord, nous dit de ne pas faire de suppositions. Ce que l’on pense ne sont pas des vérités. Posons des questions, à nos élèves, à nos amis, à nos proches. Le silence et les suppositions sont les pires des poisons. Et du côté de l’enfant : Apprenons aux enfants à ne pas avoir peur de poser des questions, laissons toujours un temps pour leur répondre (même si parfois il se doit d’être différé). C’est en posant des questions que l’on apprend, que l’on se construit et que l’on évite d’avoir peur des choses, des autres et des fonctionnements parfois différents.

Si vous ne comprenez pas quelque chose, il vaut mieux poser une question et être au clair plutôt que de faire des suppositions ou de prêter des intentions à autrui.

Quatrième accord : Faites toujours de votre mieux

…et vous ne regretterez jamais rien. Votre mieux change à tout instant. Le Mari De La Maitresse

(un petit édit suite au commentaire du Mari De La Maitresse, un blog que j’ai découvert par hasard en surfant sur la toile et qui m’a donné envie d’écrire et de créer le mien). Je vous invite à aller y faire un tour, même si la maitresse, a, elle aussi, fait le choix d’une reconversion !

Du côté de l’adulte : Quoiqu’il arrive faire de son mieux est le maitre mot. La véritable liberté est de pouvoir être libre d’être qui nous sommes vraiment. En sachant, dire oui ou non lorsque l’on a envie. Poser les questions lorsque les choses ne sont pas claire pour nous. Ne pas dire des choses qui peuvent blesser. Même si parfois, nous avons le droit de nous tromper. « C’est la pratique qui fait le maitre. C’est la répétition qui fait le maitre. » Et du côté de l’enfant : Apprenons leur à faire toujours de leur mieux mais surtout, que c’est en se trompant que l’on apprend.

Faire de votre mieux signifie agir parce que vous en avez envie, et non parce que vous en attendez une récompense.

Si vous entreprenez une action parce que vous le devez, il est impossible de l’effectuer au mieux. Alors autant ne pas la faire. Non, faites de votre mieux parce qu’agir ainsi vous rend heureux.

Au final, en voulant mieux comprendre un de mes élèves, c’est avant tout moi-même que j’ai continué à aider. Que l’on soit maîtresse, maman, papa, amis, peu importe le costume que l’on a au cours de la journée, je pense que c’est en essayant de se comprendre que l’on peut ensuite tenter de mieux comprendre les autres et de faire au mieux avec chacun (et soi-même par conséquent). Il me semble que ces quatre accords devraient être transmis aux enfants, leur laisser leur capacité qu’ils ont à dire oui ou non. Redevenons des enfants.

Belle journée (soirée) à toi lecteur ! (oui, oui, je pense vraiment que les petites phrases toutes bêtes sont vraiment importantes. Je m’efforce de le faire depuis ma vie en bureau d’études et maintenant avec les parents, croyez moi, cela change beaucoup de choses… Mais c’est encore un nouveau sujet, les relations avec les grands de l’école ! 😉 Bien que ces quatre accords soient une bonne base !).

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Chapitre 6 – Prendre du recul et essayer

Je commencerai par une citation lue dans ma lecture du moment « les quatre accords toltèques »

Il est facile de vivre les yeux fermés, en interprétant de travers tout ce que l’on voit

Dans la vie comme dans la classe, je trouve cette citation tellement vraie et pleine de sens. Il est toujours plus facile (la fatigue n’aidant pas parfois…) de rester sur un jugement ne s’arrêtant qu’à la surface des choses. Oui, nous avons tous connu un élève, enfant pénible, avec qui la cohabitation dans l’écolsphère est plutôt compliqué. En plus, souvent, manque de chance, le « vilain » part avec son bagage qui se transmet de prof en prof lors de la passation des classes : « il est toujours dans l’opposition », « tu verras tu ne pourras rien en faire »,… Il est alors important de respirer, d’effacer tout ça de ta mémoire interne (même si ce n’est pas évident !) et d’aller de l’avant, de laisser la chance à chacun, et surtout se souvenir, que nous même en tant qu’enfant ou adulte, nous avons tous à un moment ou à un autre, fait des erreurs et qu’heureusement pour nous, nous avons croisé des personnes bienveillantes, qui nous ont laissé notre chance. Chaque enseignant, comme chaque enfant a sa personnalité, son bagage personnel, parfois lourd à porter. Donc oui, il y aura des enfants avec qui tu tourneras en rond mais cette petite chose pourra rencontrer une autre personne avec qui ça marchera ou inversement ou même des enfants pour qui ça tournera en rond et de travers avec tous les profs qui croiseront sa route, malheureusement. Il ne faut donc pas étiqueter chaque être, qui parfois, par manque de confiance, s’empart de cette étiquette et en fait une croyance bien ancrée qu’il entretien (malheureusement). Oui, oui, on m’a toujours collé l’étiquette de la timide, je me la suis même appropriée cette étiquette, à tel point qu’au bout d’un moment, c’était une horreur la vie en groupe : j’avais le sentiment d’être transparente, inintéressante donc je me mettais dans ce rôle et je m’enfermais dans cette croyance. Donc, faisons attention à nos mots, à nos jugements, ne restons pas sur les choses qui nous énervent, creusons et trouvons les raisons qui font que l’être en face de nous explose (et nous fait exploser d’ailleurs !). Tout ceci rejoint ma lecture du moment qui met en avant plusieurs principes :

  • Que votre parole soit impeccable (pour ne pas créer ces croyances)
  • Quoi qu’il arrive n’en faite pas une affaire personnelle (oui, nous ne sommes pas le centre du monde 😁 et il y a tellement de choses qui influent sur ce qu’il arrive autour de nous).

Bref, je reviendrai peut-être sur ce livre des quatre accords toltèques mais surtout j’avais envie de mettre en avant un ouvrage (qui m’a emmené à lire les accords toltèques d’ailleurs : principe de sérendipité diraient les experts !) dont je vous mets la photo. Je vous le présenterai plus en détail dans la partie outils ! C’est un véritable outil qui me permet de mieux cerner les minis humains que je rencontre dans ma classe. Cela fait parti des pistes de travail mais cela ne s’arrête pas là !

La suite dans un prochain épisode !

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Chapitre 5 – Question d’autorité

Quand tu deviens maitresse, il y a une question qui revient au premier plan dès les premiers instants : l’autorité. Vous avez dit quoi ?!! AUTORITÉÉÉÉ !!! Tu vois déjà le regard froid, l’absence de sourire, le ton sec, tu es LE Maitre, LE Chef, celui ou celle qui décide et qui a les pleins pouvoirs. « Si tu es trop gentille, tu loupes ton année, tu es foutue ». Alors les premiers jours, tu laisses ta personnalité de côté et tu enfiles ton costume de méchant ou méchante. Et pendant les premiers jours, tu te regardes de l’extérieur, jouer cette scène et tu te fatigues (mais vraiment tu t’ééépuiiiiseeees) de voir cette personne déambuler devant les petites choses, sans pouvoir faire une petite blague, mettre un trait d’humour, sans pouvoir commencer à construire cette complicité qui fait qu’en un regard on se comprend quand ça va mais aussi quand ça ne va pas. Bref, au bout d’une semaine, tu te rends compte que la personne en action dans la classe, heuuu mais c’est quiiii ? Ba ce n’est pas toi alors tu tentes un peu d’humour et pfiou que ça fait du bien. Alors quand ça fait du bien, c’est un peu un phénomène auto entraînant alors tu recommences une fois, deux fois, et tu continues. Et là, tu RESPIRES, tu es toi, enfin. Mais tu te dis, mais s’ils avaient raison ??? Je ne vais pas surviiiivreeeee, ils vont me mangerrrrr. Mais en fait, il n’y a pas que toi qui respires, il y a aussi les crevettes de ton écol’sphère qui commencent à respirer… Parce que l’autorité, ce n’est pas la froideur et le cri… C’est tout autre chose. Depuis cette expérience, je suis moi-même dès les premières secondes, avec mon humour de maitresse qui crée du lien et j’espère de la confiance. Et je peux vous dire que quand je leur dis que je suis en colère ou que je suis attristée par une situation, ils ne font pas les malins les affreux… Du haut de ma petite expérience, il n’y a qu’une chose à retenir : soyons nous même, car au final, notre classe, l’ambiance qui y réside, est en grande partie le reflet de nous-même quand on avance dans l’année… Et bien oui, au début de l’année, on récupère une histoire, des histoires : l’histoire d’une école, d’un individu, d’individus, d’une relation à l’école ou aux autres qui peut être compliquée et il y a donc beaucoup de choses à construire, voir à déconstruire… Mais au bout d’un moment, quand on avance dans le temps, c’est un peu de nous qui ponctue cet univers…

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Chapitre 4 – Être maîtresse, c’est…

  • Faire un métier qui a du sens
  • Se prendre les réalités de notre société en pleine face
  • L’être tout le temps, à l’école, à la maison, la nuit, le jour
  • Essayer de s’améliorer chaque jour, tout le temps
  • Culpabiliser et se sentir parfois impuissante (voir nulle, si, si, je t’ai bien dit nulle même si malheureusement tout ne dépend pas de nous…)
  • Être psychologue pour enfants (et pour parents), informaticienne, infirmière, bricoleuse, magicienne aussi des fois (oui, oui des fois tu dois faire avec rien…), conteuse, mathématicienne, scientifique, biologiste, spécialiste en langues vivantes,…
  • Ne pas compter le temps passer pour notre laboratoire
  • Être chercheur
  • Apprendre chaque jour un peu plus

Bref, être maîtresse, c’est arriver avec ce que tu es, ton histoire, tes réussites, tes défaites, tes fragilités et c’est transmettre tout ça à des petits citoyens en devenir. C’est partager, écouter, rassurer. C’est apprendre à des enfants à trouver les clés du bonheur pour être enfin libres… Libres d’être heureux, libres de choisir et ainsi être libres d’apprendre. C’est avoir en tête que pour apprendre à lire, écrire, compter, Il faut être heureux et trouver les moyens pour s’affranchir de la peur, acquérir une confiance en soi solide quand, parfois, la confiance en l’autre est égratignée.

Être maîtresse, c’est avoir la vocation d’un couteau suisse