Lecture

Les quatre accords Toltèques, Don Miguel Ruiz

Je ne sais pas si vous êtes comme moi mais mes lectures ne s’arrêtent jamais et toutes font références à d’autres ouvrages ou entraînent d’autres questionnements qui m’emmènent à découvrir d’autres ouvrages. Bref, lorsque j’ai parcouru le livre de Retz, dépasser les difficultés d’apprentissage, pour tenter de mieux comprendre un de mes élèves, une des fiches d’analyse m’a amené à acheter les quatre accords toltèques.

Avant de se lancer dans la présentation des grands accords, le livre commence par un chapitre qui s’intitule « Le processus de domestication et le rêve de la planète » dont voici un extrait pour bien comprendre les accords qui suivront.

Le rêve de la planète comprend toutes les règles de la société, ses croyances, ses lois, ses religions, ses différentes cultures et modes de vie, ses gouvernements, ses écoles, ses événements sociaux, et ses jours fériés.

Nous naissons avec la capacité d’apprendre comment rêver, et les humains qui nous précèdent nous apprennent à le faire de la façon dont rêve la société.

Quand j’étais petite (et même encore, je crois que je suis encore petite vu le nombre de questions qui tournent dans ma tête et ma folie passagère parfois ^^), je me demandais pourquoi un crayon s’appelait un crayon, pourquoi les mots avaient été choisis. Je me disais que peut-être qu’en fait, par moment, on nous disait que tel objet s’appelait comme cela et qu’au final ce n’était pas ça. Depuis tout petit, on nous enseigne des choses, ce qu’il faut faire, ne pas faire, ce qui est poli ou non. Mais avec le recul d’adulte, je me dis mais pourquoi tant de contraintes ? On s’érige et on nous érige (nos parents, les institutions, la société,…) et on n’érige à nos enfants des barrières, on se prive de notre liberté et on se fond dans ce moule, car nous avons tendance à le répliquer sur nos enfants, sur les enfants en général. Parfois, en classe, je demande des choses à mes élèves et au fond de moi même, je me demande pourquoi ? quel intérêt pour eux ? pour moi ? Pour le coup, j’essaie de faire au mieux, que ça retrouve du sens (oui, oui, par exemple, mon rang n’est pas parfait, les enfants parlent, la seule chose que je leur demande c’est de ne pas se mettre en danger, de ne pas déranger les autres donc on apprend à chuchoter mais la pression sociale fait que des fois, oui, je deviens chiante sur la ligne parfaite, le rang parfait, bref pas simple ma vie ;)).

Quand je parlais de connexion entre livres, je suis en cours de lecture du livre de Catherine Gueguen, « Pour une enfance et heureuse » et là encore, je retrouve du lien. « Mange », « Mais si tu aimes ça », « Ce n’est pas assez coloré », toutes ces paroles que l’on distribue, qui orientent et qui font perdre petit à petit à l’enfant son pouvoir de décision. Si je n’ai pas faim, pourquoi je mangerai ? J’aime mais là, je n’en ai tout simplement pas envie. En classe, c’est pareil, pourquoi tout imposer ? J’ai une devise maintenant : construisons ensemble, choisir et avoir envie de faire, plutôt que subir. J’ai tendance à partir dans tous les sens, j’espère que tu n’es pas perdu lecteur, je vais me recentrer pour revenir sur les quatre accords et surtout pour conclure cette introduction un peu longue : avoir le pouvoir d’être libre, d’être soi-même et surtout le pouvoir de dire oui et non lorsque l’on en a envie.

Premier accord : Que votre parole soit impeccable

Du côté de l’adulte : Quelque soit les circonstances, que l’on soit dans l’écol’sphère, à la maison, dans la rue ou à son travail, il me semble qu’il est primordial de faire attention à ses mots, à ses paroles afin de ne pas créer de fausses croyances chez une personne (adulte ou enfant). Car oui, nous avons toutes et tous nos failles, nos blessures cachées et certaines paroles laissent des traces, même 20 ans plus tard… Il est vrai que ce n’est pas toujours facile de s’y tenir, nos propres failles, la fatigue prenant parfois le dessus mais essayons quand même, pour ne pas faire mal aux autres mais également pour se faire du bien 😉 Et du côté de l’enfant : Je vous invite à découvrir les messages clairs de la pédagogie Freinet quand justement la parole n’est pas impeccable ;), ça aide vraiment à tendre vers ce premier accord. Par ailleurs, dans ma classe, j’invite les élèves à dire une parole gentille pour toute parole désagréable dite !

La parole n’est pas seulement un son ou un symbole écrit. C’est une force ; elle représente votre capacité à vous exprimer et à communiquer, à penser et donc à créer les événements de votre vie.

La parole est si puissante qu’un seul mot peut changer une vie ou détruire l’existence de millions de personnes.

Deuxième accord : Quoi qu’il arrive n’en faites pas une affaire personnelle

Du côté de l’adulte : Dans la vie de tous les jours, comme dans la vie de famille ou dans la vie à l’école, on peut vite se sentir impacté par des remarques, des échecs de certains élèves pour qui nous n’avons pas trouvé de solutions après avoir tout essayé. Cet accord est pour moi, très important. De nature à toujours me remettre en question, j’ai tendance à prendre le poids des remarques et des échecs, en pleine face. Tout ne tourne pas autour de nous au final 🙂 ! Et du côté de l’enfant : Apprendre aux enfants, que tout ne dépend pas de nous et que parfois, les situations qui arrivent ou les relations aux autres compliqués ne dépendent pas que de nous mais aussi du vécu des autres. Que la seule chose sur laquelle parfois nous avons la main, c’est aider l’autre…

Vous faites une affaire personnelle de ce qui vous est dit parce que vous y donnez votre accord.

Troisième accord : Ne faites pas de suppositions

Du côté de l’adulte : Dans l’écol’sphère ou dans la vie, on arrive de manière naturelle à faire des suppositions sur tout ce que l’on voit, sur ce que l’on pense que les autres pensent. Bref, le troisième accord, nous dit de ne pas faire de suppositions. Ce que l’on pense ne sont pas des vérités. Posons des questions, à nos élèves, à nos amis, à nos proches. Le silence et les suppositions sont les pires des poisons. Et du côté de l’enfant : Apprenons aux enfants à ne pas avoir peur de poser des questions, laissons toujours un temps pour leur répondre (même si parfois il se doit d’être différé). C’est en posant des questions que l’on apprend, que l’on se construit et que l’on évite d’avoir peur des choses, des autres et des fonctionnements parfois différents.

Si vous ne comprenez pas quelque chose, il vaut mieux poser une question et être au clair plutôt que de faire des suppositions ou de prêter des intentions à autrui.

Quatrième accord : Faites toujours de votre mieux

…et vous ne regretterez jamais rien. Votre mieux change à tout instant. Le Mari De La Maitresse

(un petit édit suite au commentaire du Mari De La Maitresse, un blog que j’ai découvert par hasard en surfant sur la toile et qui m’a donné envie d’écrire et de créer le mien). Je vous invite à aller y faire un tour, même si la maitresse, a, elle aussi, fait le choix d’une reconversion !

Du côté de l’adulte : Quoiqu’il arrive faire de son mieux est le maitre mot. La véritable liberté est de pouvoir être libre d’être qui nous sommes vraiment. En sachant, dire oui ou non lorsque l’on a envie. Poser les questions lorsque les choses ne sont pas claire pour nous. Ne pas dire des choses qui peuvent blesser. Même si parfois, nous avons le droit de nous tromper. « C’est la pratique qui fait le maitre. C’est la répétition qui fait le maitre. » Et du côté de l’enfant : Apprenons leur à faire toujours de leur mieux mais surtout, que c’est en se trompant que l’on apprend.

Faire de votre mieux signifie agir parce que vous en avez envie, et non parce que vous en attendez une récompense.

Si vous entreprenez une action parce que vous le devez, il est impossible de l’effectuer au mieux. Alors autant ne pas la faire. Non, faites de votre mieux parce qu’agir ainsi vous rend heureux.

Au final, en voulant mieux comprendre un de mes élèves, c’est avant tout moi-même que j’ai continué à aider. Que l’on soit maîtresse, maman, papa, amis, peu importe le costume que l’on a au cours de la journée, je pense que c’est en essayant de se comprendre que l’on peut ensuite tenter de mieux comprendre les autres et de faire au mieux avec chacun (et soi-même par conséquent). Il me semble que ces quatre accords devraient être transmis aux enfants, leur laisser leur capacité qu’ils ont à dire oui ou non. Redevenons des enfants.

Belle journée (soirée) à toi lecteur ! (oui, oui, je pense vraiment que les petites phrases toutes bêtes sont vraiment importantes. Je m’efforce de le faire depuis ma vie en bureau d’études et maintenant avec les parents, croyez moi, cela change beaucoup de choses… Mais c’est encore un nouveau sujet, les relations avec les grands de l’école ! 😉 Bien que ces quatre accords soient une bonne base !).

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